56 000 emplois créés en 2011 et taux de chômage indemnisé au plus bas


date: 23 mars 2012

L'emploi a encore connu une forte progression en 2011, avec une création nette de 56 000 emplois, tandis que le taux de chômage est plus bas que celui de 2007, c'est-à-dire avant la crise. Ces chiffres figurent dans le rapport annuel 2011 de l'Office national de l'Emploi (ONEM) qui vient d'être publié. Voici quelques autres tendances constatées par l'ONEM en 2011 :

  • Le nombre de chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi a reculé de 16 603 unités. Il s'établit à 421 823 en moyenne mensuelle, soit 3,8 % de moins qu'en 2010. Ce niveau est plus bas que celui de 2007, c'est-à-dire avant la crise.
  • Le taux de chômage harmonisé pour 2011 s'élève à 7,2 % selon Eurostat. Ce taux est aussi plus bas qu'en 2007 (7,5 %). Cette évolution contraste avec celle des taux de chômage moyens de l'Union européenne (9,6 %) et de la zone Euro (10,1 %), qui restent 33 % plus élevés qu'avant la crise.
  • Le nombre de chômeurs complets indemnisés non demandeurs d'emploi a diminué de 7 %.
  • Le nombre de prépensionnés a diminué (pour la première fois depuis 2002) de 1 %. 
  • Le taux de chômage indemnisé au sens large (qui englobe tous les chômeurs complets indemnisés, demandeurs d'emploi et non demandeurs d'emploi, ainsi que les prépensionnés) est le plus bas de ces 25 dernières années.
  • Le chômage temporaire, qui avait été fortement utilisé pendant la crise, est revenu à un niveau moyen. Il a diminué de 27 % en moyenne journalière en 2011, après une diminution de 18 % en 2010.

Des mesures pour l'emploi efficaces

La croissance économique a été légèrement supérieure à la moyenne européenne (+ 1,9 % contre + 1,6 %). Mais la contribution des dispositifs du marché du travail est aussi reconnue :

  • Le chômage temporaire a été utilisé par 50 000 entreprises pour plus de 400 000 travailleurs différents.
  • La consommation de titres-services a progressé de 12 %.
  • 46 000 entreprises (surtout des PME) ont fait appel en deux ans au plan win-win pour alléger le coût de l'embauche et faciliter l'insertion de 100 000 demandeurs d'emploi appartenant aux groupes à risques.

La gestion rigoureuse et uniforme de l'ONEM en matière de contrôle permet également de combattre les abus et les fraudes et de réduire les usages impropres du système.

Moins de chômeurs indemnisés mais plus de travailleurs soutenus par l'ONEM

Pour l'ONEM, le volume de travail est resté élevé et assez comparable à celui de 2010 :

  • Le nombre de chômeurs complets indemnisés et de prépensionnés a diminué de 25 000 unités en 2011.
  • Le nombre de chômeurs temporaires a diminué de 32 000 unités. 
  • Le nombre de travailleurs occupés dans des emplois classiques mais subventionnés par l'activation de l'allocation de chômage a augmenté de 31 000 unités, sous l'effet surtout du plan d'embauche win-win.
  • Le nombre de travailleurs percevant des allocations d'interruption a quant à lui progressé de 5 500 unités. 
  • Au total, le nombre d'allocataires à charge de l'ONEM a diminué de 20 000 unités (1 287 188 en 2011 contre 1 307 496 en 2010, soit - 1,5 %).
  • Les dépenses de chômage complet ont diminué et celles d'activation ont augmenté. 

Des défis qui restent importants

Malgré les bonnes performances de notre marché du travail ces dernières années, le nombre de chômeurs complets indemnisés et de prépensionnés (661 000) reste important :

  • Les taux de sortie vers l'emploi restent faibles, en particulier pour les groupes à risque.
  • Le nombre de chômeurs de longue durée reste élevé, même s'il a fortement reculé chez les moins de 50 ans.
  • Les écarts entre régions restent conséquents. 
  • Le nombre de faillites enregistrées continue d'augmenter.
  • La croissance prévue en 2012 est proche de zéro.

Il reste également du chemin à parcourir pour atteindre l'objectif d'un taux d'emploi de 73,2 % défini dans le cadre de la stratégie 2020 pour l'emploi et la croissance.

Mais un autre défi de taille représente aussi une opportunité pour les chercheurs d'emploi : le départ à la retraite des nombreux travailleurs issus de la génération du baby-boom va augmenter le nombre d'emplois vacants de plus de 20 % selon certains analystes.

Des réformes majeures en vue

Les réformes institutionnelles et sur le plan socio-économique prises par le nouveau gouvernement auront un impact important pour l'ONEM :

  • Sur le plan institutionnel, certaines compétences de l'ONEM seront transférées au moins en partie aux régions (contrôle de la disponibilité, mesures d'activation, titres-services ou Agences locales pour l'emploi).
  • Sur le plan socio-économique, plusieurs réformes très importantes sont entrées en vigueur le 1er janvier 2012 ou prendront effet un peu plus tard. Elles concernent notamment les allocations d'attente qui sont devenues les allocations d'insertion, la dégressivité des allocations de chômage, l'accompagnement et le suivi des chômeurs, les prépensions, l'interruption de carrière et le crédit-temps. Il s'agit de réformes structurelles qui vont dans le sens des recommandations internationales. Dès la fin 2011, l'ONEM a contribué activement et dans des délais très courts à la préparation de ces réformes. L'ONEM a aussi informé les travailleurs et les employeurs et mis en œuvre les mesures applicables dès le 1er janvier 2012.

Consultez le rapport annuel 2011 de l'ONEM :